Mon patron vend son entreprise : quels sont mes droits ?

123 vues

L’annonce de la vente de l’entreprise par votre patron soulève naturellement de nombreuses questions sur votre avenir professionnel. Cette situation est spécifiquement encadrée par le droit du travail français et repose sur le principe fondamental de la protection des salariés. Le législateur a en effet mis en place des mécanismes pour assurer la continuité de votre emploi et le maintien de vos acquis. La cession implique avant tout un transfert de votre contrat vers un nouvel employeur et non sa rupture. Plus d’infos ici sur vos droits pour aborder cette transition avec sérénité.

Que devient votre contrat de travail en cas de cession ?

En vertu de l’article L.1224-1 du Code du travail, lors d’une cession, fusion ou vente, votre contrat de travail est automatiquement transféré au nouvel employeur. Le repreneur devient votre patron sans qu’il soit nécessaire de signer un nouveau contrat. Ce transfert s’impose à vous comme au nouvel employeur. Vous conservez donc l’intégralité des éléments qui constituent votre contrat :

  • votre salaire et vos primes ;
  • votre qualification professionnelle et votre poste ;
  • votre ancienneté accumulée depuis votre embauche ;
  • les avantages acquis (tickets restaurant, mutuelle, etc…

Le repreneur ne peut vous imposer une nouvelle période d’essai. Votre relation de travail se poursuit simplement avec le nouvel employeur et dans les mêmes conditions qu’auparavant.

Le nouvel employeur peut-il modifier votre contrat ?

Le transfert automatique de votre contrat de travail ne donne pas le droit au repreneur de le modifier comme il le souhaite. Les conditions de travail que vous aviez avec votre précédent patron doivent être maintenues. Toute modification d’un élément essentiel de votre contrat (comme votre rémunération, votre lieu de travail si la mobilité n’est pas prévue ou vos principales fonctions) ne peut se faire sans votre accord explicite.

En outre, un refus de votre part ne constitue pas une faute et ne peut justifier un licenciement. Si le nouvel employeur impose unilatéralement un changement majeur, cette action peut être assimilée à une rupture du contrat à ses torts.

Le licenciement est-il possible lors d’une cession d’entreprise ?

En soi, la vente de l’entreprise n’est pas un motif de licenciement. Le repreneur n’a pas le droit de licencier des salariés simplement parce qu’il prend les rênes de la société. Un tel licenciement serait jugé sans cause réelle et sérieuse, vous ouvrant droit à des indemnités.

Cependant, la cession n’offre pas une protection absolue contre toute rupture de contrat. Après le transfert, le nouvel employeur peut engager une procédure de licenciement pour un motif économique si l’entreprise fait face à de réelles difficultés économiques, à une réorganisation nécessaire pour sauvegarder sa compétitivité ou à des mutations technologiques. Le motif doit être justifié et ne peut pas être directement lié au changement de propriétaire.

Qu’en est-il du droit à l’information des salariés ?

Qu’en est-il du droit à l'information des salariés ? TV DROIT

La loi impose une obligation d’information des salariés avant la conclusion de la vente d’une entreprise. Ainsi, votre employeur actuel doit vous informer, ainsi que les autres salariés, du projet de cession au moins 2 mois avant la transaction. Cette information est généralement communiquée par le biais du comité social et économique (CSE) s’il existe.

Dans le cas spécifique de la vente d’un fonds de commerce dans les entreprises de moins de 250 salariés, cette information préalable vous permet, si vous le souhaitez, de formuler une offre de rachat. Cependant, il s’agit d’un droit de faire une offre et non d’un droit de préemption qui vous donnerait la priorité sur les autres acheteurs.

Articles Similaires